Accueil Maternité Education Consultations Pratique Consultante Profil Boutique Contact

Sur la trace des empreintes

« Il faut avoir reconnu la nature des processus psychiques qui régissent normalement les premiers échanges entre le nourrisson et les parents afin d'identifier le type de court-circuit qui, à un moment donné, a coupé l'enfant de la possibilité de partage ». Cette phrase explicite de Mr Henri Rey-Flaud, de son ouvrage L'enfant qui s'est arrêté au seuil du langage, nous invite, pour comprendre les autistes, à ne pas oublier de poser notre regard sur ces premiers moments qui fait advenir le petit d'homme à l'ordre structurant du langage.

Les observations les plus récentes des cliniciens lui ont permis d'établir que les autistes sont en réalité arrêtés au stade primordial de la vie, dominé par les sensations, stade où déferlent, dit-il, en permanence sur le nourrisson des flots d'excitations anarchiques et insensés, sans pouvoir accéder à l'espace plus élaboré des perceptions. Je veux y lire, une invitation à réfléchir à l'évidente importance des prémices « sensitifs » du bébé. Il n'est pas si loin, le temps ou dans l'esprit de beaucoup tout se passait comme si l'environnement commençait à avoir des effets à la naissance de l'individu. Aujourd'hui nous en sommes à apprendre que même l'expression de nos gènes est en grande partie influencée par l‘environnement prénatal.

La vie fÅ“tale devient un lien d'écoute privilégié car tout conflit traumatique arrivant dans une période sensible, sera délicat à défaire et d'autant plus avant la naissance, car l'enfant en devenir s'adapte biologiquement à ce conflit et voir, pour effet, certaines acquisitions neurosensorielles lui faire défaut. Souvent, il considérera cette adaptation comme faisant partie de lui-même et de sa personnalité. Ces « périodes sensibles » qui sont des stades de maturation neurobiologique prévus génétiquement pour chaque espèce, recensés par les études en comportement animal, ont permis de comprendre que certaines périodes du développement neurobiologique étaient plus propices que d'autres pour «s'imprégner » de l'environnement.

L'être humain est « un animal qui pense » et les mécanismes sont déjà à l'Å“uvre in utero, tel sont les propos de ma première partie et bien que le système nerveux du bébé ne soit pas une pellicule qui imprime tout ce qui lui vient de l'extérieur, nous en sommes à devoir admettre que notre mémoire imprime au-delà de ce que nous le pensions jusqu'alors. Car les principaux objets d'empreintes humaines nous viennent en premier lieu d'individus ayant eu aussi des histoires de vie issues de leurs empreintes. On peut alors en comprendre l'évidente extraordinaire richesse des interactions laissant supposer à cet endroit la source des répétitions. Nous ne pouvons échapper aux empreintes, il n'est pas ici question d'en faire le procès, puisqu'elles sont nécessaires à l'enfant pour se structurer et s'intégrer dans son milieu, on ne saurait trop le rappeler. C'est néanmoins, dans la lutte contre les empreintes, inscrites structurellement, ou dans la tentative pour les adapter à une réalité construite sur des représentations mentales que naît la souffrance psychologique inhérente à la nature humaine. Le comment nous percevons les sensations est l'axe d'écriture de ma deuxième partie. Dans la lignée d'Husserl, « le senti » devint l'objet d'étude privilégié de nombreux philosophes ainsi en parle Maurice Merleau-Ponty : « C'est dans l'épreuve que je fais d'un corps explorateur voué aux choses et au monde, d'un sensible qui m'investit jusqu'au plus individuel de moi-même …..que ce noue ma relation avec l'être ». C'est donc par le regard porté de ce philosophe et son écrit la « phénoménologie de la perception » que je propose de poursuivre ce voyage d'investigation de l'intimité de l'être.


Mais pour aller au-delà de la vision philosophique, il est un passage obligé, la psychanalyse avec pour créateur Freud et précurseur de la modalité du fonctionnement inconscient, Lacan.
Par sa proposition de prendre distance avec la réalité perceptive du philosophe pour une réflexion de l'expérience de l'espace, de la réalité perspective, dont ses travaux nous prouvent l'antériorité constitutionnelle, nous entrons au cœur du sujet.

Quelques pages seulement qui n'auront pour prétention qu'un survol d'une problématique, d'une organisation psychique, pourtant au cœur de notre part la plus intime...